Vous comparez deux réfrigérateurs en magasin et aucun n’affiche la classe A+++ que vous cherchiez : le meilleur est en C, le suivant en E. Rassurez-vous, vos repères datent d’avant le 1er mars 2021. Depuis cette date, la classe énergétique d’un réfrigérateur, d’un lave-linge, d’un lave-vaisselle ou d’un téléviseur se lit sur une échelle de A à G, recalibrée de zéro. Un appareil classé C aujourd’hui peut consommer autant qu’un ancien A+++.
Voici comment lire la nouvelle étiquette, ce qui correspond à quoi, et comment ne pas se tromper à l’achat.
Sommaire
- Pourquoi l’échelle a changé en 2021
- Quels appareils sont concernés
- Lire la nouvelle étiquette, ligne par ligne
- Correspondance entre ancienne et nouvelle classe
- Quelle classe viser pour un réfrigérateur
- Smartphones et tablettes : une étiquette depuis juin 2025
- Questions fréquentes
Pourquoi l’échelle a changé en 2021
L’ancienne étiquette avait fini par se vider de son sens. À force de progrès techniques, la quasi-totalité des appareils neufs se retrouvait en A+, A++ ou A+++, et les classes « plus » ne permettaient plus de distinguer un bon modèle d’un modèle moyen. L’INC (Institut national de la consommation) rappelait lui-même que ces classes pouvaient induire le consommateur en erreur : certains produits parmi les moins économes affichaient encore un A+.
L’Union européenne a donc supprimé les « + » et rétabli une échelle simple de A à G. Dans la foulée, elle a durci les critères, de sorte que les meilleurs appareils d’alors ne méritent plus la première place.
La classe A a été laissée vide à dessein
Au lancement, aucun appareil du marché ne devait être classé A. Ce choix laisse de la marge aux fabricants : la première classe reste accessible à une future génération d’appareils plus économes. C’est la raison pour laquelle un modèle très performant s’affiche en B ou en C, sans que sa consommation ait empiré.
Les textes qui encadrent ce changement
Le cadre juridique repose sur des règlements délégués européens de 2019, un par famille d’appareils : le règlement (UE) 2019/2016 pour les appareils de réfrigération, 2019/2014 pour les lave-linge, 2019/2017 pour les lave-vaisselle, 2019/2013 pour les écrans électroniques et 2019/2015 pour les sources lumineuses. Le règlement délégué (UE) 2021/340 les a modifiés fin 2020. La DGCCRF les cite dans sa communication aux professionnels.
Quels appareils sont concernés
Depuis le 1er mars 2021
Le nouvel étiquetage s’applique, depuis le 1er mars 2021, à cinq familles :
- réfrigérateurs, congélateurs et caves à vin ;
- lave-linge et lave-linge séchants ;
- lave-vaisselle ;
- téléviseurs et écrans.
Les distributeurs disposaient du 1er au 16 mars 2021 pour remplacer l’ancienne étiquette en rayon et sur leurs sites de vente en ligne.
Ampoules et autres familles
Les ampoules ont suivi le 1er septembre 2021. D’autres familles sont arrivées ensuite, avec leur propre calendrier : les sèche-linge et les aspirateurs avaient été annoncés pour les années suivantes. Si vous achetez un appareil qui n’est pas dans la liste ci-dessus, vérifiez l’échelle affichée : l’ancienne et la nouvelle ont pu coexister quelque temps en rayon.
Une remarque pratique sur l’éclairage : la classe énergétique d’une lampe n’a rien à voir avec son indice de protection. Pour un luminaire de salle de bain, c’est l’indice IP qui conditionne l’installation, comme l’explique notre article sur l’indice IP54 et les luminaires de salle de bain. Pour un éclairage d’intérieur ordinaire, l’indice IP20 suffit.
Lire la nouvelle étiquette, ligne par ligne
Sur un réfrigérateur, l’étiquette reprend les informations dans un ordre précis. Sans entrer dans le détail de chaque modèle, vous y trouvez :
- La classe, de A à G, dans une flèche colorée du vert au rouge.
- La consommation annuelle en kWh. C’est le chiffre à comparer d’un modèle à l’autre, bien plus parlant qu’une lettre seule.
- Le niveau sonore, avec une classe de A à D.
- Les volumes utiles du compartiment réfrigérateur et du compartiment congélateur.
- Un QR code, qui renvoie vers la base de données européenne EPREL.
Le QR code et la base EPREL
Le QR code ouvre la fiche du produit dans EPREL, une base officielle à caractère non commercial, renseignée par les fabricants. Vous y retrouvez la fiche d’information complète du modèle, ce qui permet de contrôler ce qu’affiche le vendeur. Si le QR code ne mène à aucune fiche, méfiez-vous.
Pourquoi comparer les kWh et pas seulement la lettre
La lettre situe l’appareil par rapport aux autres, pas en consommation absolue : deux réfrigérateurs de même classe mais de volumes différents n’ont pas la même facture. Comparez des appareils de volume voisin, et lisez les kWh par an.
Pour fixer les idées, le comparateur Kelwatt estime, pour un combiné de 250 à 350 litres, environ 108 kWh par an en classe A et 317 kWh par an en classe G. L’écart, un facteur près de trois, est celui que l’échelle cherche à rendre visible. Ce sont des ordres de grandeur du comparateur, pas des mesures officielles : la fiche EPREL de votre modèle fait foi.
Correspondance entre ancienne et nouvelle classe
Il n’existe pas de table de conversion officielle, parce que le calcul a changé : on ne passe pas d’une lettre à l’autre par une simple règle. On peut néanmoins observer, sur les modèles du marché, où atterrissent les anciennes classes. Le tableau ci-dessous reprend les observations du comparateur Kelwatt.
| Ancienne classe | Nouvelle classe le plus souvent observée |
|---|---|
| A+++ | B, C, parfois D |
| A++ | C, D ou E |
| A+ | D, E ou F |
| A | E, F ou G |
Un exemple concret
Le fabricant Smeg a publié l’exemple d’un de ses appareils dont la technologie n’avait pas bougé : classé A+++ avant 2021, il est passé en D après le changement d’étiquette. Même appareil, même consommation, autre lettre.
Ce que cela change pour un appareil déjà acheté
Rien. Votre ancien A+++ ne consomme pas davantage depuis 2021. Seule la grille de lecture a changé. C’est un point à garder en tête si un vendeur vous explique que votre appareil serait devenu « mauvais » : il est simplement mesuré avec une règle plus sévère.
Quelle classe viser pour un réfrigérateur
Un réfrigérateur fonctionne en continu, toute l’année, pendant dix ans ou plus : c’est l’appareil où la classe pèse le plus sur la durée. Pour un usage courant, les classes C et D offrent un bon équilibre entre prix d’achat et consommation. Les classes B et A se justifient pour un appareil très sollicité ou pour un amortissement long, à condition que le surcoût à l’achat reste raisonnable.
Le raisonnement à faire avant d’acheter
- Choisissez d’abord le volume, en fonction du nombre de personnes du foyer.
- Relevez la consommation annuelle en kWh de deux ou trois modèles de ce volume.
- Multipliez l’écart par le prix de votre kilowattheure et par le nombre d’années d’usage.
- Comparez ce total au surcoût demandé pour la meilleure classe.
Lave-linge : l’effet d’une classe
Pour les lave-linge, l’ADEME avance qu’un changement d’une classe représente environ 12 à 13 % d’énergie en moins. Sur un appareil que l’on garde de nombreuses années, l’écart finit par compter, mais il se calcule modèle par modèle plutôt qu’à la louche.
Les gestes qui comptent autant que la lettre
Un réfrigérateur bien utilisé consomme moins que sa fiche ne le dit. Laissez environ 10 cm d’espace à l’arrière, dépoussiérez le condenseur deux fois par an, vérifiez les joints de porte, et réglez le compartiment frais autour de 4 °C et le congélateur à -18 °C. Éloignez-le du four et des fenêtres exposées au soleil.
Smartphones et tablettes : une étiquette depuis juin 2025
L’échelle A à G a gagné un nouveau terrain : depuis le 20 juin 2025, les smartphones et les tablettes vendus neufs dans l’Union européenne portent eux aussi une étiquette énergie, fondée sur le règlement délégué (UE) 2023/1669.
Ce que l’étiquette d’un téléphone indique
Elle ne se limite pas à une lettre. Elle affiche la classe d’efficacité énergétique, l’autonomie de la batterie, la résistance aux chutes, la classe de réparabilité et l’indice de protection contre la poussière et l’eau. Cette note de réparabilité européenne remplace, pour les smartphones concernés, l’indice de réparabilité français. La classe repose surtout sur l’autonomie de la batterie.
L’indice IP, à lire avec l’étiquette
La mention d’étanchéité figurant sur l’étiquette est un indice IP : pour savoir ce qu’il garantit vraiment, reportez-vous à notre explication de l’indice IP68 et de la résistance réelle à l’eau. Les sources divergent sur le périmètre exact des appareils déjà en rayon avant la date d’entrée en application ; en cas de doute sur un modèle précis, c’est la fiche EPREL qui tranche.
Questions fréquentes
Quelle est la meilleure classe énergétique aujourd’hui ?
La classe A est la meilleure sur l’échelle, mais elle a été laissée vide au lancement en 2021 pour réserver de la marge aux progrès futurs. Pour un réfrigérateur, les meilleurs modèles se trouvaient alors en B ou C. Contrôlez la classe réelle du modèle visé sur sa fiche EPREL.
Quelle est la différence entre A+++ et la classe A de la nouvelle étiquette ?
Les deux ne se comparent pas : l’échelle A+++ à D a été remplacée par une échelle A à G avec des critères plus sévères. Un ancien A+++ se retrouve le plus souvent en B ou C, parfois en D, sans consommer davantage.
Mon ancien réfrigérateur A+++ est-il devenu moins bon ?
Non. Sa consommation n’a pas changé. Seule l’étiquette de référence a été recalculée.
Comment retrouver la fiche officielle d’un appareil ?
Scannez le QR code de l’étiquette : il renvoie vers la base EPREL, qui regroupe les informations déclarées par le fabricant.
Quels appareils ont une étiquette de A à G ?
Depuis le 1er mars 2021 : réfrigérateurs, congélateurs, caves à vin, lave-linge, lave-linge séchants, lave-vaisselle, téléviseurs et écrans. Les ampoules depuis le 1er septembre 2021, les smartphones et tablettes depuis le 20 juin 2025.
Un appareil classé E est-il à éviter ?
Pas forcément. Pour un appareil peu utilisé, comme une cave à vin d’appoint ou un congélateur de cave, l’écart de consommation pèse peu. Pour un réfrigérateur allumé en permanence, mieux vaut viser C ou D.